Confiance en soi enfant : et si l’ennui était une chance ?

Écrit par des parents pour des parents

« Maman. Je m’ennuie. Je sais pas quoiiiiii faire » Il y a des jours où cette phrase nous fait sourire. On répond tranquillement : « Eh bien réfléchis, fais marcher ton imagination ! » Et on passe à autre chose. Et il y a des jours où on cherche une sortie, une activité, une idée. Pas par panique — juste parce qu’on aime bien proposer des choses à nos enfants. On navigue entre les deux. Et on a fini par se demander : au fond, c’est quoi le bon réflexe face à l’ennui d’un enfant ? On n’a pas de réponse parfaite. Mais on a compris des choses. Et on a commencé à observer.

Avant de commencer, une chose importante

Nous ne sommes pas spécialistes du développement de l’enfant. On est des parents comme vous — qui cherchent des sorties le week-end, qui ont des idées d’activités en tête — et qui pensent aussi que s’ennuyer, ce n’est pas grave. Pas de solution miracle ici. Juste ce qu’on a compris, et ce qu’on essaie d’appliquer.

Dans cet article

  • Ce qui se passe vraiment dans la tête d’un enfant qui s’ennuie
  • Quelques idées d’activités pour les jours où on a envie de proposer
  • Ce qu’on a appris en se renseignant
  • Comment on tient bon quand l’enfant insiste
  • Ce qu’on a observé avec le temps

Ce qui se passe vraiment

Quand un enfant dit « je m’ennuie », ce qu’il dit en fait c’est : « mon cerveau ne sait pas quoi faire là. » C’est inconfortable. Pour lui, oui. Mais c’est aussi un point de départ. Parce que si on lui laisse le temps de rester dans cet état — sans lui tendre une perche trop vite — quelque chose se met en route. Son cerveau cherche. Il explore. Il teste des trucs. Et peu à peu, il trouve. Ce moment où il trouve tout seul — même quelque chose de tout bête — c’est précisément là que la confiance en soi se construit. Pas dans les activités organisées. Dans les petits moments où on l’a laissé se débrouiller. Bien sûr, ça ne veut pas dire qu’on ne propose jamais rien. Ça veut dire qu’on laisse d’abord la place à l’enfant. (C’est important, non ?)

Quelques idées d’activités pour les jours où on a envie de proposer

Parce qu’on ne va pas se mentir — il y a des jours où on a aussi envie de leur donner un coup de pouce et de leur faire plaisir. Voilà quelques idées qui ont le mérite d’être simples. (Et gratuites. Ou presque.)
  • 🎨 Sortir une feuille et des crayons — tout simplement. Parfois ça donne des chefs-d’œuvre. Parfois des gribouillages. Les deux sont bien.
  • ☕ Un vieux paquet de grains de café et de la dînette — et le tour est joué. On ne sait pas pourquoi ça marche. Mais ça marche. 🤯
  • 🏗️ Construire une cabane avec les coussins du canapé — classique, un peu rageant parfois… mais il y a des jours où ça passe. 😂
  • 🌿 Sortir dehors avec… rien. Les enfants savent quoi faire avec « rien » — mieux qu’on ne le croit.
  • 📱 Éplucher les réseaux sociaux pour dénicher la sortie méconnue, la balade oubliée, le spectacle qui vaut le coup — on y trouve des pépites. (Et ça, c’est notre activité à nous 😉)
  • 🧺 Un tour à la bibliothèque — gratuit, calme, et ils repartent avec des livres choisis par eux. Pas par nous. (C’est important, ce détail.)
  • 🌈 Sortir les jeux de société du fond du placard — celui qu’on n’a pas ouvert depuis Noël. Ou toujours le même, c’est pas grave non plus.
  • 🏫 Les ateliers autour de chez vous — beaucoup d’établissements proposent ce genre de choses, payants ou non. Ça vaut le coup de chercher.
  • 📸 Visionner les vieilles photos ou vidéos en famille — ils adorent ça. Se voir tout petits, voir papa et maman « avant »… les fous rires sont garantis.
Ces idées, c’est un partage — pour les jours où vous aussi vous avez envie d’aider à gérer l’ennui. Juste une boîte à outils. 😉

Confiance en soi enfant : ce qu’on a appris en se renseignant

On aime bien comprendre ce qu’on fait. Alors on s’est un peu renseigné. Une première chose a retenu notre attention : des chercheurs de l’Université du Colorado Boulder ont montré que les enfants qui avaient davantage de temps de jeu non structuré — sans adulte qui organise, sans activité prévue — développaient de meilleures capacités à s’autogérer. À gérer leurs émotions, à prendre des décisions seuls, à se sentir capables. Un enfant qui apprend à s’occuper seul… c’est un enfant qui apprend à se faire confiance. Ça change quelque chose, de mettre des mots dessus. (Et ça, c’est bien…) Une deuxième chose : dans une étude menée auprès de 130 enfants de 4 à 6 ans — la première du genre sur cette tranche d’âge — des chercheurs ont montré que les enfants qui toléraient difficilement l’ennui avaient aussi plus de mal à réguler leurs émotions en général. Autrement dit : traverser l’ennui sans être « sauvé » trop vite, c’est aussi s’entraîner à gérer ce qu’on ressent. Pas une recette miracle. Mais une piste sérieuse.

Comment on tient bon quand l’enfant insiste

Il faut dire aussi que ça arrive toujours au mauvais moment. On est en train de faire quelque chose, on est occupé, et là — « je m’ennuie ». Nos propositions ne conviennent jamais vraiment. (Et soyons honnêtes : elles ne conviennent jamais, d’ailleurs.) La vieille phrase de nos propres parents finit même par nous revenir : « Avec tous les jouets que tu as, tu ne sais pas quoi faire ?! » 😂 On a trouvé que répondre avec une question plutôt qu’une solution changeait quelque chose. « Et toi, tu penses à quoi ? » « Qu’est-ce que t’as envie de faire ? » Avec le sourire. Sans ironie. Il repart. Il revient. On lui repose la même : « Et toi, qu’est-ce que t’as envie de faire ? » Il souffle. Il repart. Et parfois — pas toujours — il finit par trouver. Et puis il y a aussi les jours où on n’a tout simplement pas l’énergie de proposer quoi que ce soit. Ni l’envie. Un mot, un geste, parfois même juste le silence — ça peut suffire. Ou pas. Parfois ça finit en pleurs, en bouderie, en grimace d’enfant qui n’est pas content. Ça aussi, c’est normal. L’important, c’est de savoir que proposer ou ne pas proposer — les deux sont valables. Et que dans les deux cas, on observe souvent la même chose : ils finissent par trouver.

Ce qu’on a observé avec le temps

Ce qui nous a surpris, c’est ce qui se passe juste après le « je m’ennuie ». Parce que quand on les observe en douce depuis le couloir — un œil dans l’embrasure de la porte, le souffle retenu pour ne pas se faire repérer — on voit quelque chose d’assez surprenant se mettre en place. Les enfants deviennent créatifs. Vraiment. Ils dessinent. Ils construisent des trucs improbables. Ils s’inventent des histoires farfelues en jouant avec trois fois rien — un caillou et un bâton suffisent dehors, une boîte en carton fait l’affaire à la maison. Et franchement, certaines fois, on est les premiers impressionnés. Et on réalise que finalement, ils trouvent la réponse à leur question tout seuls. Sans nous. On s’est aussi rendu compte d’une chose : même quand on programme une activité bien préparée — le parc, l’aquarium, le musée — si l’enfant n’est pas d’humeur, rien ne convient. Et là le «je m’ennuie» devient «c’est nul» Ça vous a coûté un bras, de l’énergie, une heure de voiture… et il boude quand même. (Oui. On est passés par là. Plusieurs fois. 😅) Alors on s’est dit : si même les activités bien préparées ne garantissent rien… autant leur faire confiance pour en trouver eux-mêmes. Et avec les années, on voit le résultat. Des enfants capables de rester seuls. De chercher seuls. De s’occuper seuls. Pas parfaitement. Pas tout le temps. Mais de plus en plus. Et ça, c’est quelque chose. (Et ça, ça nous a rassurés…)

En conclusion — et si ça ne marche pas ?

Certains enfants tolèrent vraiment très mal l’ennui. Ils reviennent cinq fois en dix minutes. Ils s’agitent, ils réclament, ils pleurent. Ce n’est pas un échec. Ce n’est pas un signe qu’on fait mal. Chaque enfant est différent. Certains ont besoin de plus de temps. Certains ont besoin d’un tout petit coup de pouce au début — pas une activité toute prête, mais une question, une piste, une présence calme à côté. Et si vraiment c’est difficile au quotidien, en parler à un professionnel reste toujours une bonne idée. On cherche des sorties. On propose des activités. Et on laisse aussi nos enfants s’ennuyer. Les deux ne s’annulent pas. Les deux se complètent. Ce « je m’ennuie » qu’on entend — ce n’est pas toujours un problème à régler. C’est parfois juste le début de quelque chose. On n’a pas tout résolu. Certains moments sont encore difficiles. Chaque enfant est différent, chaque parent l’est aussi. Et on sait qu’un parent qui laisse son enfant chercher… c’est déjà un parent qui lui fait confiance.
Sources :
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