Ăcrit par des parents pour des parents
On a dit bonne nuit. On a Ă©teint la lumiĂšre. On a lu lâhistoire. On a fait un cĂąlin et dit des mots doux â la liste est longue, parce quâon est de super parents.
On va enfin prendre du temps pour nous.
Et lĂ .
Le bruit de la poignĂ©e. Et sa petite tĂȘte dans lâentrebĂąillement de la porte.
Encore.
La 2Ăšme fois ce soir. Ha. Non â la 8Ăšme. Ou la 10Ăšme. On a arrĂȘtĂ© de compter depuis un moment.
Et ce quâon ressent lĂ â ce mĂ©lange de fatigue, dâagacement, de culpabilitĂ© dâĂȘtre agacĂ© â câest exactement ce quâon a vĂ©cu nous aussi.
Pendant des mois.
Avant de continuer, une chose importante
On est parents â parents de trois enfants, avec tout ce que cela implique.
Ce quâon partage ici, câest notre expĂ©rience. Cet article ne promet pas de mĂ©thode infaillible. Juste des pistes qui nous ont aidĂ©s, dans lâespoir quâune ou deux idĂ©es puissent vous aider aussi.
Dans cet article vous trouverez :
- Rappels au coucher : notre expérience de parents
- Pourquoi mon enfant ressort du lit : ce que dit la recherche
- Enfant qui ne veut pas dormir : les pistes quâon a testĂ©es
- Aider son enfant Ă sâendormir seul : et si Pango avait existĂ©
- Enfant qui se relÚve la nuit : ça finit par passer
Rappels au coucher : notre expérience de parents
à cette époque-là , la porte de la chambre de notre fille donnait directement sur le salon.
On avait lâhabitude de regarder un film ou une sĂ©rie le soir. Avec le recul, le bruit ne devait pas aider â mais on allait pas dĂ©mĂ©nager. đ
On sentait la tension monter. On se disait « elle le fait exprÚs, elle nous cherche ». On finissait par élever la voix.
Et câĂ©tait tous les soirs. Elle finissait par sâendormir dâĂ©puisement â un repos pas du tout rĂ©cupĂ©rateur. Et parfois, pour couronner le tout, des terreurs nocturnes venaient sâinviter dans la nuit.
Les raisons du rappel variaient Ă lâinfini :
- đ§ž Le doudou perdu â urgence absolue
- đ§ Soif â Ă©videmment
- đœ Besoin de changer la couche â parfois dĂ©jĂ enlevĂ©e par ses soins
- đ¶ Pas sommeil â ça, on avait du mal Ă y croire
- đïž Vouloir dormir avec nous â nĂ©gociation en rĂšgle
- đș « Vous regardez quoi ? » â parce quâelle avait lâair de vraiment vouloir savoir đ
- đ» Peur â lĂ on ne pouvait pas vraiment dire non
- đ Un bruit entendu â une voiture, le voisin du dessus⊠suffisant pour se relever
- đĄïž Trop chaud, trop froid â les pieds qui dĂ©passent, la couette mal remise
- đŹ Raconter sa vie â la plus longue des raisons, et pas la moins frĂ©quente đ
- đ Besoin de cĂąlins â bon, celle-lĂ , câest la plus mignonne malgrĂ© tout
Ce qui nous a surpris, câest quâon rĂ©pondait trĂšs diffĂ©remment selon notre niveau de fatigue Ă nous â et que ça changeait tout Ă sa rĂ©action Ă elle.
Quand on Ă©tait calmes, elle se recouchait plus vite. Quand on Ă©tait Ă bout, les rappels sâenchaĂźnaient. On nâavait pas fait le lien tout de suite â on Ă©tait jeunes parents, on faisait comme on pouvait. đ
Pourquoi mon enfant ressort du lit : ce que dit la recherche
On aime bien comprendre ce quâon fait. Alors on sâest un peu renseignĂ©. Et une idĂ©e nous a vraiment aidĂ©s Ă changer de regard.
Le soir, quand on quitte la chambre, câest une vraie sĂ©paration pour un enfant de 2, 3, 4 ans. Son cerveau encore immature vit le coucher comme une vraie rupture. Il ressort pour vĂ©rifier quâon est lĂ . Pour entendre notre voix. Pour sentir quâon nâest pas partis.
Des chercheurs ont analysĂ© 7 Ă©tudes portant sur plus de 2 000 enfants dâĂąge prĂ©scolaire, et ce quâils dĂ©crivent confirme cette intuition : quand un enfant se relĂšve encore et encore, ce nâest pas de la manipulation. Câest de lâattachement. Son cerveau cherche Ă retrouver la sĂ©curitĂ© quâil a ressentie juste avant que vous partiez. La sĂ©paration du coucher, pour lui, câest une vraie coupure Ă©motionnelle â et se relever, câest sa façon de la rĂ©parer. (Source : A Systematic Review on Attachment and Sleep at Preschool Age. Children,2021)
On aurait aimĂ© savoir ça bien plus tĂŽt. Pas pour tout rĂ©soudre â mais pour rĂ©pondre autrement, avec un peu moins de tension et un peu plus de recul.
Enfant qui ne veut pas dormir : les pistes quâon a testĂ©es
On a essayĂ© beaucoup de choses. Certaines, on les a mĂȘme oubliĂ©es tellement il y en avaitâŠ
Dans le dĂ©sordre â comme nos soirĂ©es, souvent : đ
- đȘ La porte entrouverte â pour quâelle entende quâon Ă©tait lĂ
- đ La veilleuse â diffĂ©rentes formes, diffĂ©rentes couleurs
- â° Lâheure dĂ©calĂ©e du coucher â un peu plus tard, pour quâelle soit vraiment fatiguĂ©e
- đŒ Un dernier bibi de lait â le rituel quâon nâavait pas prĂ©vu de garder aussi longtemps đ
- đ Une autre histoire â encore une, toujours une de plus
- đ§ž Les doudous plein le lit â une armĂ©e de peluches pour quâelle se sente entourĂ©e
- đ LâhomĂ©opathie â pas convaincu et pourtant
- đż La mĂ©decine alternative â ostĂ©o, naturopathe⊠un soulagement
- đ„ La bouillotte â pour la chaleur, le confort, le rĂ©confort
- đïž Le retour au lit Ă barreaux â pour quâelle reste dans sa chambre, elle a trouvĂ© comment sâen Ă©chapper đ
- đ Un vĂȘtement de maman dans le lit â parce que lâodeur, câest magique. Parfois.
Certaines de ces idĂ©es ont fonctionnĂ© un soir, pas le suivant. Certaines on les a gardĂ©es longtemps. Dâautres juste un temps. Et quelques-unes on a vite compris que ce nâĂ©tait pas fait pour nous â mais on ne le savait pas avant dâessayer.
« La chose qui a vraiment eu un effet â avec le recul â câest dâavoir appris Ă garder notre calme face aux rappels »
On ne sait plus exactement comment on y est arrivĂ©s. Ce dont on se souvient, câest quâon sâest fait confiance â et quâon nâa jamais arrĂȘtĂ© de chercher.
Ce nâĂ©tait pas toujours facile. Mais on avait compris que câest ce dont elle avait besoin. Une voix calme, une prĂ©sence une seconde, et repartir. Sans nĂ©gocier, sans expliquer, sans sâĂ©nerver.
Quand on y arrivait, les rappels sâarrĂȘtaient plus vite. CâĂ©tait dĂ©jĂ une victoire.
Et le temps a fini par faire le reste.
Aider son enfant Ă sâendormir seul : et si Pango avait existĂ©
Notre aĂźnĂ©e est nĂ©e en 2013. Pango nâexistait pas encore.
Depuis, deux autres enfants sont arrivĂ©s â ils ont aujourdâhui 5 et 7 ans. Et non, eux ne se relĂšvent pas un nombre incalculable de fois au moment du coucher comme leur grande sĆur le faisait. Chaque enfant est diffĂ©rent â on nâa tout simplement pas eu les mĂȘmes difficultĂ©s avec eux. Ce quâon a mis en place en revanche, câest un rituel du soir â et les histoires de Pango, quâon a créées en 2026, en font partie aujourdâhui. Le soir, elles les accompagnent pour apaiser, calmer, et glisser doucement vers le sommeil.
Avec lâexpĂ©rience de parents de trois enfants, on pense sincĂšrement que des histoires apaisantes auraient pu ĂȘtre une piste pour ces nuits-lĂ â pas une solution miracle, mais une aide. Quelque chose qui lui aurait donnĂ© une voix Ă Ă©couter plutĂŽt quâune porte Ă rouvrir.
Câest pour ça quâon espĂšre que les histoires de Pango pourront apaiser les soirĂ©es dâautres parents aujourdâhui.
Enfant qui se relÚve la nuit : ça finit par passer
Une chose étrange avec ces périodes difficiles : avec le temps, on finit presque par les oublier.
On se retrouve des annĂ©es plus tard Ă dire « tiens, jâavais oubliĂ© quâon avait vĂ©cu ça ». Pas parce que câĂ©tait anodin â mais parce que le temps apaise vraiment.
Certains soirs, rien ne marche. MĂȘme avec tous les bons rĂ©flexes. Certains enfants rappellent pendant des semaines, des mois. Et certaines pĂ©riodes sont naturellement plus difficiles : une maladie, la rentrĂ©e, un dĂ©mĂ©nagement, lâarrivĂ©e dâun petit frĂšre ou dâune petite sĆur, le passage dans le lit de grand, lâacquisition de la propreté⊠Au moins un de ces moments vous parle, câest sĂ»r.
Ce nâest pas un Ă©chec. Et ce nâest pas une preuve que vous ĂȘtes de mauvais parents.
Vous essayez. Vous cherchez encore. Câest dĂ©jĂ beaucoup â câest mĂȘme la preuve que vous ĂȘtes de bons parents, mĂȘme quand vous ĂȘtes Ă bout.
Alors faites-vous confiance. Vous connaissez votre enfant mieux que nâimporte quel livre, professionnel ou article. đ
