J’ai crié, j’ai pleuré, j’ai culpabilisé…

Maintenant je fais quoi ?

Ce soir, on a crié. Fort. Trop fort…

Il est tard, notre enfant est couché et on se retrouve seul avec ce nœud dans la poitrine, avec cette phrase qui tourne en boucle :

« Je suis une mauvaise mère, un mauvais père »

« Pourquoi je n’arrive pas à me contrôler ? »

STOP.

Ce qu’on ressent là — cette culpabilité qui nous ronge — c’est le signe que l’on tient à notre enfant. Profondément.

Avant de continuer, une chose importante.

Nous ne sommes pas psychologues, ni thérapeutes.

Nous sommes des parents qui ont voulu comprendre pourquoi on craquait parfois… et qui ont commencé à tester des choses.

Pas de recette magique ici, pas de méthode en 3 étapes qui règle tout.

Juste ce qu’on observe, ce qu’on apprend, et ce qu’on expérimente chez nous — avec honnêteté.

Parfois ça fonctionne. Parfois un peu moins. Parfois pas du tout.

Cet article n’est pas sur comment ne plus jamais crier (franchement, on n’y croit pas trop). C’est sur ce qu’on fait après. Dans les minutes qui suivent. Et le lendemain matin.

Dans cet article, nous allons partager simplement :

  • Ce qui se passe en nous quand on craque
  • Ce qu’on a vécu chez nous
  • Ce qu’on a testé — les choses qui réparent
  • Comment Pango peut aider à retrouver le calme

Ce qui se passe en nous quand on craque

On aime bien comprendre ce qu’on fait. Alors on s’est un peu renseigné.

Crier, ce n’est pas un manque de patience. Ni de caractère. Ni de bonne volonté. Quand on est épuisés — et les parents de jeunes enfants savent exactement de quoi il s’agit — le cerveau n’a tout simplement plus les ressources nécessaires pour gérer les petits conflits du quotidien. La zone responsable du calme et du contrôle, le cortex préfrontal, tourne au ralenti. La tolérance se rétrécit. Les émotions débordent plus vite. Ce n’est pas une question de volonté. C’est de la biologie — et ça, ça change tout.

Deux choses nous ont soulagés.

La première : des chercheurs de l’UCLA ont montré que les émotions d’un parent influencent son comportement — mais ne le déterminent pas. Autrement dit : craquer n’est pas une fatalité. Et travailler sa propre régulation émotionnelle, même un peu, change vraiment la qualité des échanges avec son enfant. (Hajal & Paley, 2020, Developmental Psychology)

La deuxième : ce n’est pas d’être parfait qui construit une relation solide avec son enfant. C’est de revenir. Des recherches initiées par Tronick dès 1986 sur les nourrissons, et confirmées depuis sur des enfants plus grands, montrent que les interactions parent-enfant sont naturellement faites de moments de décalage et de moments de retrouvaille. Les chercheurs appellent ça le cycle « rupture-réparation ». Et ce cycle, répété des centaines de fois, est précisément ce qui apprend à un enfant que les relations se réparent. Que les gens qu’on aime reviennent. (Tronick & Gianino, 1986, Zero to Three)

Ce qu’on a vécu chez nous

Parmi les raisons qui nous ont fait craquer, il y a eu…

J’ai crié parce qu’il avait renversé son verre d’eau. Encore.

J’ai crié parce qu’il avait fait pipi au lit pour la troisième fois cette nuit.

J’ai crié parce qu’il m’avait fait répéter cent fois la même chose sans m’écouter.

J’ai crié parce qu’il refusait de dormir. Encore une fois.

J’ai crié parce qu’il a fait du bruit alors que j’avais besoin de silence.

J’ai crié parce que j’étais épuisé et que c’était la goutte de trop.

J’ai crié parce qu’il avait dit « non » une fois de plus alors que j’avais dit « non » moi aussi.

J’ai crié parce qu’il refusait de s’habiller, ou de se déshabiller.

J’ai crié parce qu’il embêtait sa sœur, son frère, encore, et que là j’en pouvais plus.

J’ai crié parce qu’il « chouinait » pour rien, ou pour tout — je ne savais même plus.

Parfois j’ai même crié et je ne sais même plus pourquoi.

Ensuite je me suis caché pour pleurer — assis par terre dans la cuisine, parce que j’avais culpabilisé.

Ce qu’on a testé — les choses qui réparent

On a laissé passer quelques minutes avant de revenir.

Boire un verre d’eau, ouvrir la fenêtre, respirer lentement, laisser le pic d’adrénaline redescendre doucement — revenir apaisé, même juste un peu, c’est déjà une victoire.

On s’est excusé, tout simplement.

Pas besoin de grand discours. Quelques mots, dits calmement. L’enfant comprend — c’est une victoire.

Parfois, on a été là — en silence.

Échanger un regard. S’asseoir à côté de lui. Ce silence-là, il répare — c’est une victoire.

On a proposé un geste tendre.

Un câlin, une caresse sur la joue. Même s’il ne l’accepte pas tout de suite — c’est une victoire.

Le lendemain, on est repartis sur une page blanche.

La nuit a souvent fait son travail. Un bisou au réveil — c’est une victoire.

On s’est aussi accordé un peu de douceur à soi.

Ruminer pendant des heures ne répare rien — ni pour nous, ni pour lui. Se dire qu’on a fait de son mieux avec ce qu’on avait à ce moment-là, accepter de se pardonner — c’est aussi une victoire.

Et si Pango pouvait aider ce soir ?

Chaque soir on fait écouter une histoire pour dormir — parfois une méditation de Pango. Et à ce moment-là, plus besoin de trouver les mots, l’histoire fait le chemin à notre place. L’apaisement s’installe naturellement pour l’enfant comme pour nous…

J’ai compris, je me suis apaisé, j’ai accepté.

Ça ne marche pas toujours (évidemment). Parfois notre enfant est encore trop fâché ou vexé. Parfois nous aussi.

Les parents qui crient, ça court les rues non ? (Et celui qui dit le contraire… ment un peu.)

Pas parce qu’ils sont mauvais parents. Parce qu’ils sont humains, épuisés, et qu’on ne leur a peut-être pas appris à gérer ça — ni dans leur propre enfance, ni nulle part.

Se sentir coupable, c’est normal. C’est même le signe qu’on est un parent attentif, qui tient à son enfant.

Ce moment où on s’est emporté n’est pas celui qui nous définit. C’est l’ensemble des moments passés avec son enfant — et surtout ce qu’on fait après.

Aujourd’hui ce qu’on retient de nos expériences : se rendre compte qu’on a crié, ressentir que ce n’était pas juste, vouloir faire autrement — ce n’est pas rien. C’est même le point de départ de tout le reste.

Et c’est exactement pour ça que notre enfant a besoin de nous.

Chaque fois qu’on revient — même maladroitement — quelque chose se construit.

Parce qu’on est parfaitement imparfait.

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